Biographie de Pierre BORE

Colonel Pierre BORE
1923-2008

 

Chevalier de la Légion d'Honneur à vingt quatre ans pour faits de guerre, Pierre BORÉ est né le 19 octobre 1923 à Aulnay-sous-bois. Issu d'une vieille famille lorraine, aux sentiments patriotiques très prononcés, son grand-père poilu de 14-18, gazé, décédé à l'hôpital de Nîmes en 1918, son père officier de police judiciaire à la Gendarmerie Nationale, autant de prémisses familiaux le désignant pour une carrière militaire toute acquise. En 1939, Pierre Boré grandit dans l'Ile de la Réunion où son père est affecté et il effectuera deux séjours dans cette île française, successivement de 1929 à 1934 puis de 1935 à 1939.

En juillet 1939, c'est le retour en France avec l’affectation de son père dans le département de la Nièvre. Il est alors âgé de seize ans. Dès l'armistice, il choisit de militer dans le mouvement de résistance OCMJ, effectue des missions de propagande, d'organisation de groupes de combat. Il effectue de nombreux déplacements entre 1940 et 1943 mais la répression allemande se montre de plus en plus efficace. Ses trois principaux contacts hiérarchiques ayant été neutralisés, il est sur le point d'être arrêté. Il est interpellé au cours d'une mission en Bretagne mais réussit à garder sa liberté en jouant de sa qualité de fils de gendarme et retourne à Paris. Il se consacre à la mise sur pied d'un bataillon de marche dans le XVe arrondissement. À l'issue de la libération de Paris, à laquelle son bataillon participe, il est nommé sous-lieutenant et s'engage pour la durée de la guerre au 4°Régiment de Tirailleurs Sénégalais ( 9°Division d'infanterie coloniale de la 1ère Armée du général De Lattre de Tassigny). Il rejoint son unité, rebaptisée 21° Régiment d'Infanterie Coloniale, dans le Jura à Pont de Roide. Le sous-lieutenant BORÉ va s'illustrer au cours de violents combats contre la Wehrmacht, solidement retranchée dans la boucle du Doubs. Il est cité à l'ordre de la Division le 29 novembre 1944, puis le 5 février 1945, à l'attaque d'Ensisheim, à l'ordre de la Brigade. Peu après le passage de vive force du Rhin, le 13 avril 1945, sa jeep saute sur une mine. Il s'en sort miraculeusement avec quelques blessures légères et une amnésie d'une quinzaine de jours.

Après la capitulation de l'Allemagne, il embarque avec la 9°D.I.C. à Marseille le 4 novembre 1945, son unité relevant alors du Corps expéditionnaire français d'Extrême-Orient (C.E.F.E.O) , créé pour continuer la guerre contre les Japonais. Il débarque à Saigon le 26 novembre 1945 et est immédiatement engagé sur les Hauts Plateaux. En renfort de sa section, il prend le commandement d'une compagnie (140 hommes) de soldats Japonais ralliés aux forces alliées. Grièvement blessé au cours d'une opération, il est à nouveau cité à l'ordre de l'Armée.

En convalescence à SIEM-RÉAP (Cambodge), il a le privilège d'être invité à déjeuner par Lord MOUNBATTEN et son épouse. Puis en mars 1946, il se replonge dans la lutte, débarque au Tonkin, est affecté à l'état-major des Troupes françaises en Indochine du Nord, se bat contre le Vietminh lors du soulèvement de Hanoï en décembre 1946. Au titre de ces opérations il fait l'objet d'une nouvelle citation à l'ordre de la brigade.

Après 21 mois de séjour en Indochine, il est promu Lieutenant et est rapatrié en France le 27 août 1947.

Volontaire pour servir sur les théâtres d'opérations extérieures au sein d’une formation aéroportée, le capitaine Pierre Boré retrouve Saigon en 1954 et est affecté comme adjoint au Chef de l'antenne LAO du Groupement mixte d'intervention (G.M.I. ex G.C.M.A.). Il prend ensuite le commandement du Groupe de Commandos parachutistes Lao et le 20 août 1954 fait l'objet d'une nouvelle citation à l'ordre du corps d'armée.

Rapatrié en juin 1955, après un nouveau séjour de 21 mois en Indochine. Il rejoint, avec une trentaine de cadres parachutistes, le 3° Régiment de Tirailleurs Algériens, censé donner naissance à un bataillon de parachutistes algériens. Le projet est annulé et le Capitaine Pierre Boré est affecté au commandement de la Compagnie anti-char du régiment, au Camp Fray à Constantine. Sa compagnie devient la 4° compagnie du XI° Bataillon de Tirailleurs Algériens. Le Bataillon est affecté à Sétif. Dans une autre compagnie, une grave mutinerie menée par l'adjudant de compagnie lui-même entraîne le massacre par les tirailleurs des cadres et soldats français de l'unité. Pour calmer les esprits, le Commandement décide de ramener le bataillon en métropole. Le XI°BTA s'installe à Bonifacio en Corse

Le Capitaine Boré est ensuite muté à la Mission Militaire Française au Laos, comme conseiller du général commandant les Troupes Aéroportées et l'Aviation du Laos. C'est pour lui une mission exaltante qui lui donne l'occasion d'organiser, de structurer et d'instruire les unités aéroportées Lao.

Au retour du Laos, le 18 septembre 1960, il rejoint le 9e Régiment de chasseurs parachutistes (9éme RCP) alors en garnison en Algérie à Aïn Taya. Il vivra difficilement les évènements du soulèvement d’Alger et est tenu de réorienter sa carrière d’officier. Pierre BORÉ est affecté en septembre 1963 à l'état-major de la 3°Brigade blindée à Wittlich en Allemagne, puis en janvier 1964 à l'état-major du CCFFA (Commandant en Chef des forces françaises en Allemagne).

Lieutenant – colonel en 1969, Pierre BORÉ prend le commandement en second de la BOMAP (Base Opérationnelle Mobile Aéroportée) à Toulouse . Un an après, en septembre 1970, il retourne au 9° Régiment de Chasseurs Parachutistes comme commandant en second.

En avril 1973 il est désigné comme Chef des Observateurs français de l'ONUST (ONU pour la Surveillance de la Trêve) et découvre les missions à caractère diplomatique et militaire. Bien que lieutenant – colonel, il est tout d'abord simple observateur sur le Canal de Suez puis rapidement nommé chef des Opérations de l'ONUST à Jérusalem, enfin président de la commission mixte israélo-libanaise, avec rang d'ambassadeur, à Beyrouth au Liban.
Au titre des événements de la guerre du Kippour, il fait l'objet le 13 mai 1974 d'un témoignage de satisfaction du ministre des Armées.

En juillet 1975 le Colonel Boré est nommé Attaché de défense près l'Ambassade de France à Djakarta en Indonésie. C’est pendant ce séjour de 3 ans qu’il fait la connaissance d’une touriste française , Viviane Guigaz, qui partagera désormais sa vie.

Il rentre en France au mois de juillet 1978 pour prendre les fonctions de délégué militaire départemental (DMD) à Privas en Ardèche. Il quitte définitivement l’institution militaire le 19 octobre 1980.

Dans le courant de l'année 1980, il décide de venir s'installer au Québec avec son épouse. Il donne une impulsion nouvelle à la Société Française de Québec, à l'association des Anciens Combattants et Soldats français de Québec. Il est élu conseiller municipal de Ste-Pétronille, Île d'Orléans, de 1987 à 1991. Sollicité par le général Woisard, alors président de la Société d'Entraide des Membres de la Légion d'honneur SEMLH), il crée, en 2001, l'association des membres de la légion d’honneur de Québec (AMLHQ) et en devient le premier président. Cette responsabilité nouvelle lui tient très à cœur et il tiendra à l’exercer jusqu’ à la limite de ses forces. Il est nommé président d’honneur de l’association en novembre 2007.

Le colonel Boré décède dans la sérénité à la maison Michel Sarrazin dans la soirée du jeudi 25 septembre 2008, terrassé par la maladie qu’il affrontait, avec un grand courage et une énorme volonté, depuis plus de dix ans.

Le Colonel Pierre Boré était commandeur de la Légion d' Honneur, commandeur de l'Ordre National du Mérite, titulaire des Croix de Guerre 39/45 et des Théâtre d’Opérations Extérieures (TOE)O, de la Croix de la Valeur Militaire, et récipiendaire de nombreuses autres décorations militaires françaises et étrangères. Il était, en particulier, Officier de l'Ordre du Million d'Éléphants et du parasol blanc (Laos). Breveté moniteur parachutiste, le colonel Boré détenait plusieurs brevets de parachutistes étrangers (américain, russe et allemand) et le brevet US de Pathfinder.